Ségur de la santé, point sur les investissements en Nouvelle-Aquitaine

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Le Ségur de la santé est à l’origine d’un plan d’investissement de 19 milliards d’euros sur 10 ans. Pour gérer les projets en local, la stratégie est pilotée par les territoires. Ainsi, les agences régionales de santé (ARS) sont chargées de poursuivre les objectifs fixés. A savoir, accélérer la transformation de l’offre de soins et d’accompagnement dans les territoires, ainsi qu’améliorer les conditions de travail des professionnels et l’accueil des personnes. En Nouvelle-Aquitaine, cette stratégie vient notamment supporter le plan d’investissement pluriannuel en EHPAD. Elle contribue à la réforme systémique nécessaire pour assurer un meilleur accompagnement de la perte d’autonomie.

La crise de la COVID-19 a bouleversé le secteur social et médico-social. Ce dernier se trouve alors en pleine mutation. Les soignants ont obtenu des valorisations salariales pour les efforts mis en place pour endiguer la crise sanitaire et soigner les malades. Le 18 janvier, les salariés du médico-social appellent à la grève pour réclamer les mêmes revalorisation.

Pendant ce temps, l’Etat annonce la mise en place d’une conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social dans le courant du premier trimestre 2022. L’objectif de cette rencontre est de dialoguer autour des conditions de carrières des professionnels du secteur. En effet, il devient urgent de donner un nouveau souffle au secteur qui peine et qui appelle à la mobilisation. Il conviendra de trouver des accords à la hauteur des attentes. La conférence initialement prévue avant le 15 janvier sera reportée au 18 février. Il faudra rester attentif pour savoir vers quoi se dirige le secteur et quel impact auront les prochaines décisions.

parcours de soin ségur de la santé
Amélioration du système de santé en France, des lacunes exacerbées par la crise sanitaire

Ségur de la santé, une politique de réinvestissement dans la santé publique en France

Devant le constat alarmant des lacunes du système de santé pendant la crise sanitaire, le Gouvernement lance une vaste politique de réinvestissement. Au programme, 19 milliards d’euros déployés sur 10 ans autour de différentes priorités. Ainsi, 9 milliards financeront les grands projets et l’investissement du quotidien dans les établissements de santé. Puis, 6,5 milliards serviront à désendetter les hôpitaux. 1,5 milliard contribueront à moderniser des Ehpad. Enfin, 2 milliards développeront le numérique dans le secteur de la santé.

Sept mois après ces annonces, les ARS dévoilent leur stratégie régionale des investissements Ségur. Travaillant en concertation avec les acteurs de terrain et les élus locaux, elles identifient les axes de travail : 

  • transformer les métiers, et revaloriser les soignants ;
  • définir une nouvelle politique de financement au service de la qualité des soins ;
  • simplifier les organisations et le quotidien des équipes médico-soignantes ;
  • fédérer les acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers.

Les ARS prévoient des investissements conséquents dans les EHPAD, ainsi que dans le numérique pour le suivi des soins. Au programme, la transformation du modèle des EHPAD et la diversification des solutions d’accueil des personnes âgées. Sur ce deuxième point, elles annoncent la création de nouvelles résidences, notamment des résidences autonomie et des habitats inclusifs. Ou encore la rénovation de l’offre existante.

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Objectif 1, la revalorisation des soignants : déjà des couacs

Côté valorisation des soignants, les dents grincent déjà chez les professionnels, pas tous concernés par la revalorisation des salaires annoncées par le Ségur de la santé. Ainsi, le Groupement national des directeurs généraux d’associations du secteur éducatif, sanitaire et médicosocial (GNDA), l’APF France handicap, l’Apajh, la Croix Rouge Française, la Fehap, Nexem, l’Unapei, la Cnape, la Fisaf et l’Uniopss alertait dès septembre 2021 les élus sur les dangers préssentis à cause de cette iniquité.

Pour cause, le secteur de la santé et du social passe par de nombreux acteurs associatifs, évincés des dispositifs. Dans les faits, près de 241 000 professionnels du secteur privé non lucratif sont concernés.

Plus encore, pour les autres établissements concernés par l’augmentation des salaires, les dotations accordées s’avèrent insuffisantes pour couvrir les dépenses. Malgré les belles annonces faites, il semblerait que le dispositif ait du plomb dans l’aile avant même de vraiment commencer.

Si le traitement des professionnels de santé n’est actuellement pas à la hauteur, peut-être peut-on espérer que les autres axes du ségur de la santé obtiennent de meilleurs résultats.

Nouvelle-Aquitaine, quels investissements pour la plus grande région de France ?

La plus grande région de France est aussi l’une de celles avec les plus grandes disparités. Très morcelée entre les villes, notamment la métropole bordelaise, et les territoires isolés, elle fait face à des enjeux conséquents pour répartir l’offre de soin.

S’agissant d’investissements structurants qui nous engagent pour les 30 prochaines années, les évolutions démographiques seront un critère majeur pour la priorisation des projets, nécessitant ainsi de se projeter pour répondre aux besoins de la population tout en favorisant l’attractivité des professionnels.

Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine

Aussi, pour construire sa stratégie, l’ARS Nouvelle-Aquitaine collabore avec les élus, le conseil régional, les conseils départementaux, les administrations, les fédérations sanitaires et médico-sociales… Ensemble, ils dessinent la structuration de l’offre de soins, l’amélioration du système de santé publique et de soutien à l’autonomie, ou encore le développement durable dans les solutions proposées. A ces priorités nationales rappelées par le Ségur de la santé, s’ajoutent des particularités régionales sur les enjeux en matière d’obstétrique, de périnatalité et de pédiatrie et l’accompagnement des enfants en situation de handicap.

La Stratégie Régionale d’Investissement en Santé pour les dix ans à venir est historique pour notre région par l’ampleur sans précédent des aides à l’investissement allouées en Nouvelle-Aquitaine (1,292 milliard d’euros investis). Elle nous invite à nous projeter, sur le long terme, dans une approche territoriale des besoins de santé.

Benoît Elleboode

En chiffres, les EHPAD de la région Nouvelle-Aquitaine vont bénéficier de près de 108 millions d’euros entre 2021 et 2024. Plus précisément, 36 établissements toucheront dès 2021 31,4 millions d’euros. Pour l’équipement quotidien, les 13,8 millions prévus profiteront à quelques 444 EHPAD. Ils permettront par exemple d’aménager un jardin thérapeutique, d’équiper les chambres de rails de transfert ou de climatiser des espaces.

Côté numérique, l’ARS de Nouvelle-Aquitaine pilote une enveloppe de près de 7,1 millions d’euros pour 2021. Laquelle cherche notamment à généraliser l’utilisation du dossier usager informatisé par les différents acteurs du medico-social.

Sources

  1. Le Premier ministre détaille le plan d’investissement du Ségur de la Santé, Gouvernement, 20 octobre 2021 
  2. Stratégie régionale des investissements Ségur de la santé en Nouvelle-Aquitaine, dossier de presse du 2 décembre 2021
  3. Discours de Madame Brigitte Bourguignon, le 29 novembre 2021, EHPAD « Le hameau de l’Argenté » du Centre hospitalier de Mont-de-Marsan
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