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Marché de l’industrie française : un avenir durable ?

Le marché de l’industrie français change. A point nommé ou trop tard… Pour répondre à des contraintes tant économiques qu’écologiques, l’industrie tend à devenir durable. Parmi les activités économiques françaises, les entreprises industrielles françaises ont vécu de plein fouet la désindustrialisation et la délocalisation…

La stratégie de réindustrialisation de la France

Pour faire face à la crise, la stratégie change et prend le parti de réindustrialiser la France. La Covid-19 aura en effet mis l’accent sur les lacunes et les faiblesses d’un tel système de dépendance internationale. Aussi, le plan de relance prévoit-il des budgets phénoménaux pour l’industrie.

Soutien à l’investissement et la modernisation de l’industrie, le présent appel à projets est ouvert jusqu’au 1er juin 2021. Il concerne ainsi l’industrie automobile, aéronautique, nucléaire, de santé, agroalimentaire, électronique, ainsi que les intrants essentiels de l’industrie. Une longue marche qui s’annonce…

Plan de relance pour l’industrie, (re)construire la France des usines

Le plan de relance pour l’industrie se découpe en des dispositifs nationaux et des dispositifs territoriaux (1). Le national gère donc les projets de modernisation, diversification, transformation numérique et écologique de l’outil de production ; ainsi que les projets d’investissement, de (re)localisation ou renforcement d’unités de production, dans les filières et chaînes de valeur stratégiques. En ce qui concerne le secteur nucléaire, le plan de relance national finance également des projets d’innovation pour développer les solutions d’ “Usine du futur”.

L’objectif de ce plan de relance pour l’industrie se veut clair et lisible. Renforcer la compétitivité et la performance des entreprises. Réduire la dépendance vis-à-vis de fournisseurs hors France et Europe. L’attribution des fonds est arbitrée par la direction de l’expertise de Bpifrance et la Direction générale des entreprises (DGE).

En fonction des projets, d’autres administrations peuvent être sollicitées. C’est par exemple le cas de la DGEC pour la filière nucléaire.

Industrie champs application
L’industrie française souffre d’une délocalisation de ses activités .

Côté plan de relance géré au niveau territorial, la sélection des projets soutenus est confiée aux préfectures et conseils régionaux. Les directions régionales de Bpifrance prennent également part au processus. Les objectifs des projets financés en local diffèrent de l’échelle nationale. Ainsi, ils doivent concerner des investissements industriels à fort impact territorial.

La notion de rapidité de mise en œuvre est également prise en compte, tout comme les  retombées socio-économiques en local.

Concrètement, une même entreprise peut solliciter de l’aide pour plusieurs projets à l’AAP. Il faut en revanche que les assiettes de dépenses, ainsi que la nature et les objectifs du projet soient tout à fait distincts.

Investissements, vers une industrie pérenne et rentable

Les aides du plan de relance pour l’industrie se présentent sous forme de subvention (1). Dans le cadre de la crise de la Covid-19, les conditions et montants ont été réévalués. Ainsi, les subventions peuvent grimper jusqu’à 800 000 €. Au-delà de ce seuil, l’aide varie selon la nature des dépenses et des régimes d’aides d’Etat mobilisés.

Parmi les conditions pour y être éligible : démontrer une santé financière correcte. Ainsi, les entreprises se doivent d’être en règle sur leurs obligations fiscales et sociales, notamment ; tout comme elles doivent pouvoir justifier ne pas être en grande difficulté pouvant mener à des investissements vains.

Dans ce contexte, le plan de relance rappelle bien son objectif qui reste de reconstruire l’industrie française, pas de dilapider des fonds. Aussi les projets sont-il juger sur des critères précis comme la maturité technique et financière de l’entreprise, témoignant de sa capacité à exploiter pleinement le potentiel des investissements ; la pertinence du business model ; la valeur des retombées économiques et sociales.

Maintien et création d’emplois, diminution de la dépendance nationale ou européenne, amélioration de la compétitivité, contribution à la transition écologique, développement des solidarités…

Fonds de modernisation, repenser l’industrie du futur

En investissant dans l’industrie, l’Etat cherche à la moderniser. Il prévoit donc différents dispositifs pour construire le paysage industriel de la France de demain. A commencer par le dispositif “Industrie du Futur”. Lequel a pour mission de soutenir le “soutenir la montée en gamme des PME et ETI industrielles”.

Pour ce faire, l’Etat mise sur la numérisation, la digitalisation, ainsi que l’adoption des nouvelles technologies. Ce dispositif rejoint donc les investissements et aides pour la transformation numérique. Le guichet pour prétendre au dispositif “Industrie du Futur” est ouvert du 27 octobre 2020 au 31 décembre 2020 (2).

Dans la continuité, des fonds de modernisation sectoriels sont également ouverts. Celui pour l’aéronautique prévoit des dotations de 100 millions d’euros par an jusqu’en 2023 (3). Les projets sélectionnés doivent à la fois permettre à la filière de repartir en développant des chaînes de valeur qualitatives pour sortir de la crise ; et préparer la mobilité verte du futur.

Au 19 novembre 2020, 52 projets aéronautiques avaient d’ores et déjà été retenus sur les 107 soutenus par le fonds de modernisation.

Côté modernisation de l’automobile, le fonds se dote de 8 milliards d’euros d’aides (4). Objectif : renouveler le parc automobile en véhicules propres. Il a déjà choisi de financer 85 projets pour plus de 70 millions d’euros. En complément, la Comité d’Orientation pour la Recherche Automobile et la Mobilité (CORAM) vient contribuer à l’ensemble.

Il accompagne ainsi 27 projets pour développer une filière de production des composants stratégiques pour les fabrication des véhicules électriques et hybrides rechargeables.

Relocaliser l’industrie pour plus d’indépendance

Le gouvernement relance également ses appels à projet de relocalisation pour l’industrie. Pour cause, face à la pénurie de matières premières et de matériaux pendant la crise, la France s’est retrouvée devant le résultat du démantèlement de son industrie au cours de décennies. Qu’il s’agisse des chaînes de production ou de l’approvisionnement, il convient désormais de se défaire de la dépendance des fournisseurs à l’étranger.  (5)

Le 19 novembre ont été annoncés les 31 premiers projets retenus. Sept d’entre eux concernent la microélectronique ou l’électronique, contribuant également au renouveau des filières industrielles françaises (6). Pour ces seuls projets, l’investissement atteint 680 millions d’euros, dont 140 millions d’euros de soutien de l’État. Ils représentent plus de 4 000 emplois industriels à l’heure actuelle, et prévoient la création d’environ 1 800 emplois directs. 

Décarbonation et dépollution, vers une industrie durable et viable

Outre la réindustrialisation et la modernisation de l’industrie, il convient de penser l’usine du futur dans le contexte de l’écologie et des grands enjeux du siècle. Aussi le gouvernement ouvre-t-il un dispositif sous forme de subvention pour accompagner les industriels dans leur efficacité énergétique. Impulsé par le plan de relance, c’est 1,2 milliards d’euros qui seront mobilisés dès la fin de l’année 2020 pour soutenir la transformation profonde de l’industrie (7).

Les entreprises peuvent prétendre à bénéficier de ce dispositif pour des projets d’efficacité énergétique à partir de 3 millions d’euros. Dans ce cadre, les financements peuvent concerner les matériels de récupération de force ou de chaleur ; les matériels destinés à l’amélioration du rendement énergétique d’appareils ou d’installations ; les matériels moins émetteurs de gaz à effet de serre, alternatifs aux énergies fossiles. (8)

Les industries qui ont sauté le pas du changement

Des entreprises industrielles ont d’ores et déjà entamé le changement. C’est notamment le cas du groupe Europlasma via son site CHO Morcenx (9). Expert en dépollution depuis plus de 20 ans, l’entreprise développe des solutions innovantes pour traiter et valoriser des déchets dangereux, produire de l’énergie verte, ainsi que des applications pour réduire l’empreinte environnementale des industries.

Usine industrielle secteur
L’industrie figure parmi les facteurs d’attractivité en Gironde.

Dans l’objectif de désendetter et moderniser le groupe, Europlasma entreprend un grand plan de réinvestissement. L’entreprise prévoit alors plus de 30 millions d’euros pour démanteler une partie de la centrale CHO Morcenx. Pour valoriser ce démantèlement, elle souhaite vendre les équipements dont elle n’aura plus besoin et valoriser les matériaux. En plus d’entrer dans une démarche de recyclage, ces opérations devraient rapporter près de 7 millions d’euros à l’entreprise.

En parallèle, le groupe Europlasma entend développer une activité de préparation de Combustibles Solides de Récupération pour le compte d’industriels. L’objectif : trouver et démocratiser des moyens de substitution aux énergies fossiles. Une ferme solaire devrait également être installée sur le site. Tout comme le développement de son activité d’inertage de l’amiante.

Sources

  1. Cahier des charges “Plan de relance pour l’industrie : soutien à l’investissement et à la modernisation de l’industrie”, Ministère chargé de l’industrie et Bpifrance, 24 novembre 2020
  2. France Relance : Le guichet d’aide aux investissements « industrie du futur »”, Ministère de l’économie, 27 octobre 2020
  3. France Relance : 52 nouveaux lauréats pour le fonds aéronautique”, Ministère de l’économie, 19 novembre 2020
  4. Réunion du Comité stratégique de la filière automobile, Ministère de l’économie, 6 novembre 2020
  5. Appel à projets pour la résilience de l’économie : 31 premiers projets lauréats”, Ministère de l’économie, 19 novembre 2020
  6. Bruno LE MAIRE et Agnès PANNIER-RUNACHER annoncent la reconduction des appels à projets à destination de l’industrie et présentent les premiers lauréats des appels à projet de (re)localisation”, Ministère de l’économie, communiqué de presse du 19 novembre 2020
  7. Un guichet de subvention pour l’efficacité énergétique des entreprises”, Ministère de l’économie, 10 novembre 2020
  8. Avec le plan de relance, décarbonons l’industrie et préparons son avenir”, Ministère de l’économie, Guide de décarbonation du 9 novembre 2020
  9. “Réorientation stratégique du site CHO Morcenx”, Groupe Europlasma, Communiqué de presse du 16 novembre 2020
  10. « Economie girondine au 2ème trimestre 2019 : reprise de l’activité« , CCI Bordeaux Gironde
  11. « Industrie pharmaceutique, une filière solidement ancrée en Gironde« , La Gironde en chiffres 2020, Vincent ROUSSET
  12. « Découvrez les 4 entreprises « Fabriqué Chez Nous en Gironde » à l’honneur en 2020« , CCI Bordeaux Gironde
  13. « La biodiversité au cœur des 3ème rencontres économiques de la croissance verte » CCI Bordeaux Gironde, 5 décembre 2020
  14. « Entreprises de l’agroalimentaire de Nouvelle-Aquitaine, une opportunité de nouveaux marchés avec le programme AGROSMARTGlobal« , CCI Bordeaux Gironde
  15. Liste des entreprises industrielles en Gironde, Usine Nouvelle
  16. 20-26 mars 2017 : 7-me semaine de l’industrie en Gironde, CCI Bordeaux Gironde, article du 13 février 2017
  17. ARIA Nouvelle-Aquitaine, Association régionale des industries alimentaires
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