« Marché de l’immobilier, les perspectives de reprises après le confinement », Interview de Nicolas GAY, Welmo

L’immobilier est l’un des marchés qui ont souffert du confinement. Avec la fermeture des agences, de nombreux professionnels se sont heurtés à une activité réduite, voire suspendue totalement. Focus sur les perspectives pour la reprise, notamment sur la région bordelaise, avec Nicolas Gay, co-fondateur de l’agence immobilière en ligne Welmo.

Des scénario de reprise des transactions très variés

Pour anticiper la reprise, les experts ont pu dégager trois scénarios. Le plus positif prévoyait une relance à partir de début juin, quand le plus pessimiste ne la voyait pas avant janvier 2021. Au milieu, les prudents misaient sur septembre. Contre toute attente, de son côté, Nicolas Gay a pu observer une reprise de l’activité dès début avril. Cette reprise semble témoigner d’une certaine confiance vis-à-vis de la pierre, autant côté vendeurs qu’acheteurs. 

Toutefois, elle n’a pas été vécue à l’identique pour tous les professionnels de l’immobilier. En effet, tous n’étaient pas préparés à travailler à distance.

L’immobilier, une valeur sûre malgré la Covid-19

Etonnamment, tous les indicateurs de la santé du marché immobilier semblent demeurer positifs. D’ailleurs, certains particuliers ont remis en ligne des annonces de biens avant même la plupart des professionnels de l’immobilier. Du côté des taux des emprunts immobiliers, s’ils ont un petit peu augmenté, ils restent historiquement bas. Ils tournent aux environ de 1,5% sur 25 ans. Rappelons qu’avant confinement, la moyenne était 1,1 à 1,3%. On reste donc bien loin des taux à 4% du début des années 2000. Enfin, en ce qui concerne l’emploi, il est trop tôt pour savoir si l’immobilier va être durement touché, au même titre que les restaurants, l’aéronautique, l’événementiel….

Grâce aux aides d’Etat, les agences et mandataires immobiliers ont pour l’instant limité la casse. Les 6 prochains mois sauront nous en dire plus sur l’état des acteurs du marché. Quoi qu’il en soit, selon Nicolas Gay, la Covid-19 fera des dégâts : des agences ont d’ores et déjà fermés leurs portes.

Parmi les professionnels qui s’en sortent le mieux, on retrouve toutes les agences digitalisées. Ainsi, ayant déjà adopté les nouvelles technologies dans leur mode de fonctionnement, elles sont nombreuses à avoir pu poursuivre le travail, même partiellement, malgré la fermeture des agences physiques

En réalité, le scénario s’est révélé plutôt positif pour Welmo. On ne l’avait pas anticipé mais nous avons récupéré des acheteurs et vendeurs frustrés par la fermeture des agences traditionnelles.

Par ailleurs, la vente immobilière connaît une saisonnalité importante. La meilleure période de l’année est en mai et juin.

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En cumulant donc la densification de la clientèle et la saison, Welmo a pu bénéficier d’une activité extrêmement forte dès l’amorce de la reprise en avril.

Plus d’espace, de jardin… vers une évolution du marché de l’immobilier ?

Le marché de l’immobilier a repris dès le post-confinement. En revanche, il ne semble pas être totalement le même qu’avant. En effet, d’après les premiers retours d’expérience, les acheteurs chercheraient désormais davantage d’espace et de verdure.

Selon Nicolas Gay, cette évolution de la demande est à nuancer. 

Le confinement est arrivé en même temps que le printemps et les beaux jours. Traditionnellement, c’est une saison où les français sont habitués à pouvoir sortir. C’est donc potentiellement davantage la frustration qui s’exprime dans la quête de maisons plus grandes et de jardin, qu’un réel changement structurel.

Par ailleurs, on note l’accélération d’une tendance déjà observée avant le confinement. Le télétravail entrant depuis quelques années peu à peu dans les moeurs, c’est toute une réorganisation du travail qui s’opère. Ce facteur imprévu a une incidence directe sur les souhaits des Français côté immobilier. Ainsi, les recherches en province autour des grandes métropoles sont en forte augmentation. Moins concernés par les trajets maison-travail, ils acceptent désormais de s’éloigner des villes et de leur lieu de travail pour s’approcher de la campagne, la nature, l’océan… Les parisiens se tournent vers Bordeaux, Nantes, Rennes, Caen, Lille, quand les citadins de ces villes regardent vers la périphérie. Sur Bordeaux par exemple, les recherches s’accentuent autour de l’agglomération, voire le Bassin d’Arcachon.

Au-delà de la localisation, Nicolas Gay note que les acheteurs manifestent désormais plus fréquemment le souhait d’avoir une pièce en plus pour en faire un bureau.

Toutefois, il peut subsister une différence entre l’envie et le passage à l’acte. Il convient donc de prendre ces données avec recul et d’observer la tendance sur les mois à venir.

Crise et digital, le jeu des perdants et des gagnants

Avec chaque crise vient son lot d’opportunités. Celle générée par la Covid-19 n’y fera donc pas exception. Elle compte d’ores et déjà bon nombre d’entreprises en grande difficulté tandis que d’autres tirent leur épingle du jeu. Parmi celles-ci on peut citer en priorité les entreprises nouvellement étiquetées “Stay at home” qui surfent sur la sédentarisation et les usages à domicile. Netflix, Amazon, Zoom ou encore Domino’s Pizza ont donc vécu cette période davantage comme une aubaine.

Ainsi, pendant cette crise, le Digital est souvent cité comme l’un des facteurs différenciant les plus marquants. Les professionnels de l’immobilier jouent également selon ces mêmes règles. En revanche, l’immobilier est l’un des secteurs qui a le plus de mal à prendre la route de la digitalisation. Les agences traditionnelles l’ont donc vécu plus durement que celles qui intègrent les outils informatiques au quotidien.

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Selon Nicolas Gay, cette situation semble déjà pousser les entreprises à emprunter plus rapidement le chemin de la digitalisation. 

Malgré tout, l’écart et le fossé se creusent beaucoup plus rapidement entre les acteurs traditionnels et les plus aptes à sauter le pas.

Toutefois, la Covid-19 s’est présentée comme un accélérateur de tendance, pas comme un créateur. La digitalisation va de pair avec l’évolution des besoins et pratiques des utilisateurs (dont fait partie le télétravail). Elle remonte à il y a plus de 15 ans et s’est imposé rapidement dans les usages individuels. Dans le cadre de l’immobilier, on observe une demande croissante des vendeurs et acheteurs pour des traitements rapides, efficaces, transparents. Lesquels ne peuvent se faire que via l’intégration des outils numériques aux process des professionnels. On peut ainsi envisager de déléguer aux solutions digitales les tâches simples et chronophages, pour se concentrer sur l’humain et le conseil qui font la vraie valeur ajoutée des agents immobiliers.

A propos de Welmo

Créée en mars 2016 par Nicolas Gay, Jimmy Delage et Charles Collas, Welmo est une agence immobilière en ligne. Après plusieurs années passées en agence immobilière sur Paris, Nicolas et Jimmy entreprennent de remodeler le concept d’agence immobilière pour faire évoluer le métier au rythme des attentes des clients et des technologies. Welmo s’impose alors comme une solution alternative novatrice, proposant des services à un prix beaucoup plus bas que les agences physiques. Couvrant tout le territoire national, Welmo dispose d’un regard global sur l’ensemble du marché immobilier français et certaines villes phares. 

Sources

Entretien avec Nicolas Gay, co-fondateur de Welmo, le 30 juin 2020

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