Marché de l’alcool en France : lettres de noblesses et nouvelles tendances

Le marché de l’alcool représente une part significative de l’économie française. En effet, entre les Vins de Bordeaux, de Bourgogne, d’Alsace, le Cidre de Bretagne, le Calvados de Normandie, le Cognac et le pineau des Charentes, chaque région met en valeur alcool phare, apprécié de par la France et à l’international. Les vins et spiritueux représentent quelques 721 000 emplois en France et le chiffre d’affaires à l’export a augmenté de 8,5 % pour atteindre 12,9 milliards d’euros en 2017. Cependant, la consommation en litre d’alcool pur par habitant en France a baissé de 16%. Toutefois, ces chiffres sont à relativiser en fonction du type de boisson. Les innovations technologiques et marketing jouent un rôle essentiel dans les évolutions de ce marché et les tendances de consommation évoluent constamment.

Des habitudes de consommation bousculées

La crise sanitaire a profondément pertubé les habitudes de vie de chacun. La fermeture des bars et restaurants a notamment eu un rôle sur la façon de consommer de l’alcool. La première conséquence est le report de la consommation à domicile. En effet, l’alcool fait partie de la vie sociale pour de nombreuses personnes. Dans l’ensemble la consommation est restée stable, 65% des français déclarent ne pas avoir consommer plus d’alcool. Cependant, selon une étude publiée par Yougov en mai 2021, 7 consommateurs sur 10 consomment au moins de l’alcool une fois dans la semaine pendant la pandémie. Si les consommateurs consomment de l’alcool à leur domicile car les restaurants et les bars sont fermés, certains s’orientent vers des alcools moins forts.

En effet, toujours selon Yougov, trois consommateurs sur dix ont diminué leur consommation d’alcool fort. Dans le même temps, le budget moyen consacré à l’alcool a diminué. Il est passé de 52 euros par mois avant la crise à 47 euros. Cela représente donc une baisse de 5 euros mensuel. Cependant, la crise n’a pas terni l’impression des consommateurs envers certaines marques. Parmi les marques les plus appréciées durant la crise, les consommateurs ont notamment cité : Moët et Chandon, Leffe, Veuve Clicquot, Jack Daniel’s ou encore Martini.

Covid-19, place au e-commerce et au sans alcool

Selon les rapports IWSR (3), les ventes d’alcool devraient finalement moins chuter que prévu en 2020. Après une estimation de baisse des ventes de l’ordre de 50%, les professionnels du secteur s’attendent davantage à une diminution de 8% au niveau mondial. Basée sur l’étude des 19 pays clés du marché de l’alcool, IWSR prévoit que les ventes de rétablissent au niveau de 2019 d’ici 2024.

Un résultat notamment porté par le développement des ventes en ligne. En Australie, Brésil, Chine, France, Allemagne, Italie, Japon, Espagne, GB et USA, les ventes en valeur ont augmenté de 40 % en 2020. Elles atteignent donc 17 milliards de $ et pourraient toucher les 40 milliards en 2024.

Toutefois, toutes les catégories de boissons alcoolisées ne sont pas négativement impactées par la crise. Ainsi, les boissons prêtes à boire, comme les cocktails déjà faits, affichent une croissance de 43% en 2020. Elle sont portées notamment par la forte croissance du segment aux USA. Cette tendance s’explique par un changement dans les attentes des consommateurs. Lesquels recherchent désormais davantage de boissons rafraîchissantes, savoureuses et plus longues à boire. Aussi, le segment des boissons prêtes à boire pourrait croître de 21,8 % en volume entre 2019 et 2024, volant la place de la bière.

A contrario, le vin et la bière chutent de 9 % en 2020. En parti à cause de la crise et ont peu de chance de remonter en volume pendant plusieurs années. Toutefois, les bières peu alcoolisées, voire sans alcool, tirent les ventes vers le haut. Elles rejoignent la tendance à la modération observée ces dernières années. On estime donc que le volume de vente pourrait continuer d’augmenter de 5,9 % entre 2019 et 2024.

Notons toutefois que malgré ces tendances, et bien que le volume global d’alcool pur consommé en France soit en diminution depuis les années 1960, la France reste au sixième rang des consommateurs d’alcool parmi les 34 pays de l’OCDE. (4)

Un marché de l’alcool dynamisé par des boissons alcoolisées originales

Tout d’abord, le marketing du marché de l’alcool a pour but de toucher de nouvelles cibles, notamment les plus jeunes. En outre, il tente de grignoter des parts de marché à la concurrence (autres marques de bières, mais également boissons pour apéritifs et sodas).

Le focus du marché de l'alcool en France, les exportation nationales de vins et spiritueux en 2017

Par exemple, c’est le cas pour la bière. Avec plus d’une trentaine d’années de recul, la bière gagne ses lettres de noblesse. La consommation en France a augmenté sur les principaux marchés (GMS, hôtellerie et restauration) de 2,7 % en volume. Elle augmente également de 8,1 % en valeur pour la grande distribution en 2017. Les bières spéciales (bières sans alcool, bières allégées, bières de dégustation et bières aromatisées) représentent un tiers des ventes. Entre 2014 et 2017, le marché de la bière a crû de 17,3% en volume, tandis que dans le même temps les bières tendances ont vécu une croissance de 60,9%.

L’extension des gammes de boissons alcoolisées fait également le bonheur des entreprises, dans le cadre des événements professionnels.

Les ventes d’alcool, marché de l’innovation et de l’évolution des traditions

La pandémie de Covid-19 a été un accélérateur de tendance. Aussi, l’intérêt pour plus d’expériences et de produits locaux continue-t-il de gagner en popularité, galvanisé par l’envie de soutenir l’économie locale et de préserver les emplois. (7)

Dans le même temps, les consommateurs d’alcool tiennent davantage compte de l’impact de la boisson sur la santé. Les jeunes générations notamment choisissent de boire avec modération. Ils réduisent alors les quantités autant que les occasions, au profit d’alcool de meilleure qualité. Pour les consommations plus régulières, on assiste donc à une augmentation de la demande en boissons sans alcool ou peu alcoolisées. Dans les pays les plus friands du peu ou pas d’alcool, les bières sans alcool grignotent des parts de marché sur la bière traditionnelle. Elles pourraient atteindre 4,45 % d’ici 2024.

Toujours dans la tendance d’une consommation plus responsable, le marché du vin bio continue de séduire. Les pays en tête sur ce segment en 2019 sont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, la Suède et la Japon. Accentuée par la crise sanitaire, la quête de produits plus sains et plus éthiques devrait permettre au vin bio de gagner en parts de marchés.

En réalité, cette situation a un impact sur la totalité de l’industrie de l’alcool. La production bien évidemment, mais aussi le marketing, le packaging, la distribution…

La France, producteur de 20 % du vin mondial

En 2017, la France a exporté environ 200 millions de caisses de vins et spiritueux portant le chiffre d’affaires à 12,9 milliards d’euros soit une hausse de 8,5 % du marché de l’alcool. Les vins d’appellation d’origine contrôlée et la valorisation du terroir participent à la hausse des ventes à l’étranger.

Un marché qui n’est pas près de se tarir, puisque selon une étude de IWSR pour SudVinBio et Millésime Bio, les ventes de vins bio dans l’Hexagone devraient doubler d’ici 2022, dépassant ainsi les 200 millions de bouteilles. Les ventes confortent ainsi le second rang mondial des vins bio pour la France (16.4 %) derrière l’Allemagne (23.9 %) et devant le Royaume-Uni (10.2 %).

La lumière imprimée, image et attractivité des produits

Dernièrement, le salon Luxe Pack s’est déroulé à Monaco en octobre 2018. Il met en avant les dernières innovations packaging, notamment autour de la lumière imprimée. Des entreprises telles que Inuru (technologie oled), Saralon (impression oled), Dapy (technologie micro-leds) ou bien Eurostampa (étiquette réfléchissante) y présentaient leurs innovations pour proposer aux producteurs des packaging différenciants. Ainsi, l’accent est porté sur l’attractivité au sein des rayons, et la valorisation des produits.

Le packaging connecté, traçabilité et gestion facilitée

De plus, présentées au salon Luxe Pack, les puces NFC (Near Field Communication) se développent dans les emballages. A l’image de Doogood (support connecté et lumineux de luxe pour mise en valeur des produits) ; Bouchage Delage (bouchon connecté avec lecteur / enregistreur de bouteille) ; Satab (e-rubans connectés aux smartphone, capteurs de chaleurs, d’humidité) ; MyPlanetPackaging (système de détection et d’identification de l’emballage et du produit sur écran capacitif) ; ou bien dans un registre éco-responsables l’entreprise Billerudkorsnas et ses étiquettes biodégradables.

Entre traçabilité, contrôle et écologie, la technologie et les packaging s’allient pour proposer une plus-value aux produits.

Le marché de l’alcool en Nouvelle-Aquitaine, entre savoir-faire et prestige

Bien implantée en Nouvelle-Aquitaine, la filière viti-vinicole de la région Nouvelle-Aquitaine emploie 54 100 personnes dans 14 000 établissements. Elle se place au 1er rang des régions viticoles de France avec 228 000 hectares de vignes. Elle couvre également 93 % de l’emploi total de la filière. Lequel se concentre dans les bassins Bordeaux-Aquitaine et Charentes-Cognac.

Pour la première fois depuis 50 ans, la surface de vignobles consacrée au Cognac va s’étendre de 5 %. En effet, l’exportation du Cognac a dépassé les 200 millions de bouteilles en 2018 (+ 3,5 % par rapport à 2017) pour un chiffre d’affaires total de 3,2 milliards d’euros. Par contre, la consommation de Cognac est plus importante à l’étranger, notamment aux Etats-Unis et en Chine, que sur le territoire national. Un constat économique qui n’empêche pas au produit de bénéficier d’une image haut de gamme et qualitative auprès des français.

En conséquence, le vin néo-aquitain innerve significativement le marché de l’alcool. En 2017 les exportations ont augmenté de 10 % en volume. Ainsi, les vins et spiritueux sont les premiers produits exportés de Nouvelle-Aquitaine. Cela représente 4,65 milliards d’euros : 20 % des exportations régionales totales et 30 % des exportations françaises du secteur.

Notons par ailleurs que la bière se fraie aussi un chemin au cœur de la région bordelaise… Le savoir-faire des brasseurs aquitains n’a en effet rien à envier aux grands châteaux viticoles.

Les enjeux de la dé consommation de vin sur le territoire

Si le vin tient une grande place dans l’activité économique de la région Aquitaine et dans le marché de l’alcool, il convient de constater que les habitudes de consommation changent. En effet, le Comité National des Interprofessions de Vins fait le bilan de la consommation du vin sur le territoire en 2020. Le bilan fait état d’achats moins fréquents ainsi qu’une consommation moins importante depuis deux ans. Par ailleurs, la consommation prend un autre tournant. Le vin semble se consommer de façon plus occasionnelle. Ainsi, le vin se déguste pour le plaisir. Il n’est plus forcément la boisson quotidienne présente sur la table lors des repas. 

Les vins effervescents sont principalement consommés à l’apéritif par les plus de 50 ans et lors des repas par les moins de 50 ans. La consommation de vin blanc quant a elle diminue lors des apéritifs pour les plus de 50 ans alors qu’elle se maintient pour les plus de 50 ans.

En parallèle, la consommation de vins rouges et rosé qui sont les deux piliers de la consommation quotidienne diminue également. Lors des repas, les consommateurs remplacent le vin deux fois sur trois par des boissons non alcoolisées. Ainsi, pour les professionnels du secteur, il convient de s’adapter à ces nouvelles tendances de consommation. L’objectif est de proposer une offre en accord avec les nouvelles envies et besoins des consommateurs. 

Vinexpo au service des professionnels du secteur

Comme chaque année, le marché du vin continue de décoller, notamment porté par Vinexpo. En effet, le salon international de référence dans le monde du vin et des spiritueux retentit à Bordeaux, Hong Kong, New York, Shanghai et Paris.

Vitrine des produits de la Région et du monde entier, le salon accueille exclusivement les professionnels et la participation n’a cessé de croître au fil des années. Par son exposition dans les pays étrangers, Vinexpo participe au rayonnement de la Nouvelle-Aquitaine et plus particulièrement de la ville de Bordeaux.

Enfin, les acteurs du marché de l’alcool s’affirment en tant qu’innovateurs passionnés et font briller les savoir-faire nationaux et régionaux aux quatre coins du monde. En effet, associées aux arguments de la culture française du goût et du luxe, les opportunités économiques sont au rendez-vous. Les entreprises rivalisent ainsi d’ingéniosité pour créer l’étiquetage et l’emballage du futur, poussant la curiosité du consommateur et invitant à l’achat du produit. Un travail sur toute la chaîne de valeur qui porte ses fruits.

Sources

  1. L’alcool culturel en France
  2. Chiffres clés de la consommations d’alcool en France 
  3. « Global beverage alcohol performs better than expected« , IWSR, communiqué de presse de novembre 2020
  4. « Consommation d’alcool en France, où en sont les français ?« , Santé Publique France, article mis à jour le 14 janvier 2020
  5. Les 5 chiffres clés de la baisse de consommation d’alcool en France 
  6. Les bières tendances, LSA Conso
  7. 2020 Global trends, IWSR, communiqué de presse d’août 2020
  8. Le marché du vin bio en France va doubler d’ici 2020
  9. Les packaging lumineux des vins et spiritueux
  10. Site de Inuru
  11. Site de Saralon
  12. Le cognac bat son record d’exportation pour la 4ème année consécutive
  13. La commercialisation du Cognac, les chiffres clés
  14. Commerce international de la Nouvelle-Aquitaine en 2017
  15. Site de Vinexpo
  16. « Alcool et crise sanitaire : Moët & Chandon en tête du classement ! » Yougov, étude publiée le 11 mai 2021

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTE. A CONSOMMER AVEC MODÉRATION.

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