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Bitcoin : quel avenir pour les cryptomonnaies ?

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Les Bitcoins et les cryptomonnaies font l’actualité quasiment quotidiennement. Adulées par certains investisseurs, dans le viseur de nombreuses autorités de régulation, à la merci d’un tweet du fantasque Elon Musk… Tentons d’apporter un regard objectif sur les cryptomonnaies, loin des peurs ou des admirateurs des veaux d’or virtuels.

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Jean-François FAURE, Président-fondateur de VeraCash et de AuCoffre.com

D’où viennent les cryptomonnaies ?

Le premier cryptoactif, c’est le Bitcoin (BTC). Sa création date de 2008. Une personne ou un collectif anonyme publie en effet un « white paper » sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto qui explique son fonctionnement. 

L’absence d’autorité centrale de régulation

Tout le principe du Bitcoin y est expliqué notamment l’utilisation de la blockchain. Mais surtout on découvre l’absence d’une autorité centrale pour gérer cette « nouvelle monnaie ». L’émission, le contrôle et la validation des transactions se fait par la communauté, de manière anonyme. Et c’est là une véritable révolution. Le Bitcoin est une monnaie privée comme l’a décrite l’économiste Hayek.

Une réaction à la crise des subprimes

Si Satoshi Nakamoto a créé le Bitcoin, c’est parce qu’il a vu la finance américaine s’effondrer en 2008. Pour lui, la crise des subprimes prouvait que l’autorité de régulation fédérale ne maîtrisait plus rien. La monnaie légale émise par les Etats (le dollar) mais aussi le système bancaire n’étaient plus dignes de confiance. Alors il a réfléchi à un système qui pouvait se passer des banques et d’une monnaie fiat.

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Diversifications des cryptomonnaies et des usages

Les Etats et le Bitcoin

Evidemment, le développement de cette monnaie privée n’enchante pas les Etats pour qui le pouvoir de battre monnaie doit rester exclusif. Ils doivent conserver le contrôle de la politique monétaire mais aussi lever l’impôt. Avec le Bitcoin ou les autres cryptoactifs, les transactions sont anonymes. Il est donc difficile de les taxer. D’ailleurs, ce n’est pas le principe de la blockchain ou de la monnaie virtuelle qui gêne les Etats, puisque les projets émergent dans de nombreux pays pour émettre des cryptomonnaies d’Etat. Le e-yuan chinois ou un Euro digital ; pour d’autres raisons le Petro, crypto du Venezuela basée sur le pétrole. En France, le ministère des Finances a décidé de taxer les gains en cryptos avec notamment l’application du prélèvement forfaitaire (la flat tax).

La Chine n’aime plus le Bitcoin

Fin septembre 2021, le gouvernement chinois décide de rejeter le Bitcoin, sans doute en raison de la création de sa cryptomonnaie nationale. Le E-Yuan, dans l’esprit des Chinois, doit leur permettre d’asseoir leur influence en Asie. Alors, Pékin fait la chasse aux créateurs de Bitcoin installés dans l’empire du Milieu, non loin des barrages hydroélectriques. En effet, pour créer des BTC, il faut une forte capacité informatique, donc de l’électricité, si possible peu chère. On parle carrément de « fermes de minage », c’est-à-dire des entrepôts gigantesques où sont entreposés des ordinateurs en batterie pour valider les transactions ou créer (miner) des BTC. Il faut savoir que sur la blockchain, la création de cryptos ou la validation d’une transaction est rémunérée. Pekin a sifflé la fin de la récréation et les fermes chinoises ont été arrêtées. Le Bitcoin a chuté de 10 % après cette annonce.

Mais le Salvador adopte le Bitcoin

Dans le même temps, un petit pays d’Amérique Centrale fait le chemin inverse. Le Salvador a décidé d’adopter le BTC comme monnaie officielle au même titre que le dollar. Outre le coup de pub pour son Président, la démarche est justifiée par la situation de la population du pays. Les Salvadoriens sont peu bancarisés et surtout 25 % des citoyens ont émigré aux Etats-Unis. Une partie de leurs salaires est envoyée au pays via des services comme Western Union qui prennent des commissions. Pour le président du Salvador, c’est de la richesse qui est détournée. Avec le Bitcoin, les frais sont réduits. Le Salvador en profite pour installer partout des DAB (distributeurs automatiques de billets) qui acceptent d’échanger les bitcoins en billets verts. Une expérience à suivre.

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Volatilité du Bitcoin : un objet de spéculation

Il faut l’avouer, le créateur de la reine des cryptomonnaies n’avait vraiment pas prévu que sa monnaie anti-système devienne le plus spéculatif et volatile des actifs. 

Première explication de la volatilité de cette cryptomonnaie : ce n’est pas une monnaie d’usage. En effet, l’utiliser comme monnaie d’échange est difficile. Une transaction met pour l’instant encore plusieurs minutes avant d’être validée. Difficile d’acheter une baguette et de devoir attendre 10 minutes dans la boulangerie. Le Bitcoin n’est pas une monnaie circulante. Les propriétaires stockent leur patrimoine dans l’attente d’une valorisation. C’est donc devenu un objet de spéculation.

Le nombre définitif de Bitcoins est connu

21 millions de bitcoins, pas un de plus ! C’est la volonté de ses créateurs. Il en reste plus de 2 millions à créer aujourd’hui. Mais on estime que quelques centaines de personnes détiennent 92% des bitcoins en circulation. Ces baleines peuvent donc en un clic faire fluctuer le cours fortement.

Elon Musk et la « hype »

Dernière raison, les cryptomonnaies sont sous les feux des projecteurs. Il suffit donc qu’un Elon Musk annonce sur son compte twitter qu’on va pouvoir acheter une Tesla en BTC pour que le cours prenne 20 % en une minute. Mais quand, quelques jours plus tard, il change d’avis et rejette ce mode de paiement, les investisseurs vendent et le prix chute aussi de 20 %. En ce moment, ce sont les déclarations des différentes autorités qui sont scrutées. Si un fonds d’investissement ou une banque privée obtient un agrément pour les cryptos, immédiatement, le prix repart à la hausse.

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Les cryptomonnaies, l’or du XXIème siècle ?

On tente souvent de faire la comparaison avec l’or. En effet, plusieurs éléments sont ressemblants : un volume de matière qui n’est pas extensible, des « mineurs » dans les deux cas, un positionnement hors des systèmes traditionnels de la finance. Cependant, les similitudes ne sont pas si évidentes. 

D’abord, l’or se recycle et de plus en plus. Donc même si le volume de matière première présent dans la terre n’est pas extensible, la réutilisation donne plusieurs vies (usages) à une pépite. On ne reviendra pas sur les mineurs qui évidemment ne sont pas les mêmes. Quant à la posture hors système, elle est en plus assortie d’une longue histoire pour l’or, valeur refuge depuis des millénaires. Les sous-jacents des deux actifs ne sont vraiment  pas comparables.

Rendre stable les crypto-actifs : les stablecoins

Même si le Bitcoin est considéré comme « la mère » de toutes les cryptos, aujourd’hui se développent de nombreux « jetons » numériques notamment sur la blockchain Ethereum. On rencontre tout d’abord des actifs qui ont une utilité autre que l’échange commercial comme la certification d’un vote, d’un document, d’une transaction. Donc ces stablecoins ont une valeur d’usage, comme pour le projet de DIEM de Facebook. Mais on trouve aussi des « pièces » (traduction de coins) dont la valeur est basée sur un actif de la vie réelle. Par exemple le dollar ou l’once d’or. L’idée est d’apporter à ces cryptoactifs ce qui manque le plus au bitcoin : la stabilité. 

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